La Chine nous offre
une telle multitude de thés qu’il paraît difficile de pouvoir
en donner un chiffre précis. Les instituts
de thé chinois, organismes officiels d’études historiques,
botaniques et culturelles, donnent une estimation de leur
nombre s’élevant à plusieurs milliers. Ce chiffre
impressionnant regroupe une multitude de petites productions
locales, les grands « crus » les plus célèbres étant
peu nombreux. Comme me l’ont dit plusieurs professeurs de
thé, «une année entière n’est pas suffisante pour énumérer
tous les thés chinois », tout comme " une vie
entière ne suffit pas pour connaître tous les thés chinois".
Certaines grandes universités à Pékin, Hangzhou et
Shanghai comportent une section spécialisée dans l’étude du
thé.
Bien qu’originaires de la même
plante, nommée par les botanistes « camellia
sinensis », la diversité des variétés provient à la fois du
terroir et de leurs différentes méthodes de fabrication. Ces
procédés sont liés aux traditions agricoles locales, aussi
multiples que la Chine est étendue. Le Nord du pays n’offre
pas les conditions climatiques nécessaires aux plantations de
thé. C’est plutôt dans les provinces du Sud du fleuve Yangzi qu’elles
trouvent la chaleur et l’humidité suffisantes pour prospérer.
Les brumes de ces régions, dont le charme a été de tous temps
loué par les poètes, présentent l’humidité nécessaire aux
feuilles et aux bourgeons.
D ‘après la classification traditionnelle, on distingue six grandes familles de thés :
Les dix thés chinois les plus célèbres sont les suivants :
1. D’après leur procédé de
fabrication :
Le séchage
peut être « sauté » (même sens que pour la cuisine),
par simple chauffage, Ã la vapeur
(sencha), au-dessus de foyers de
braises, ou encore chauffé et sauté
ensuite.
2. D’après la forme des
feuilles:
C’est un classement assez
complexe, quelquefois peu évident à établir car pas très
strict, souvent réservé aux spécialistes, certains thés pouvant
appartenir à plusieurs catégories : un
Long Jing Que She possède à la fois les
caractéristiques d’une feuille plate, mais en plus, la forme de langue
de moineau.
On distingue les feuilles
plates, lisses, droites (Long Jing,
par exemple), les feuilles en forme d’aiguilles
(Aiguilles d’Argent), torsadées en spirale
(Bi Luo Chun), en forme de
sourcils ou d’orchidée, de langue de
moineau (Que She), de
perles (Bai Long Zhu), et bien
d’autres encore.
Leur nom provient de la couleur de la feuille avant l’infusion. Ce sont des thés partiellement fermentés, la fermentation pouvant varier de 15 à 70%, ce qui va donner une grande palette de thés différents, certains très proches des thés verts et d’autres s’approchant plus des thés noirs.
L’origine des thés
bleus-verts se situe dans les Monts Wuyi (jusqu'Ã 1800
mètres d'altitude) au Nord du Fujian, où poussaient depuis toujours
des théiers à l’état sauvage. C’est une magnifique région de montagnes,
de falaises, de sources et de rivières, heureusement restée
très préservée.
Le climat doux et humide (jusqu’à 80 % dans la
montagne)convient particulièrement bien à la culture du thé. La beauté
paisible de cet environnement naturel imprègnent les théiers de leur énergie pure.Les thés de Wuyi provient d’une très bonne qualité de
théiers.
Il existe à la fois des théiers traditionnels comme Da Hong Pao et aussi des théiers nouveaux comme Rou Gui qui date des années 1980 et a obtenu un fort succès.Les variétés les plus réputées sont: Wu Yi Yan Cha (thés de Wuyi poussés dans les rochers): Da Hong Pao, Rou Gui, Bai Ji Guan, Jin Fo, Ban Tian Yao, Bei Dou, Shui Xian,Ba Xian, …..Tie Guan Yin de la région de Anxi,Dan Cong : une feuille unique, des jardins de Fenghuang situé dans le prolongement de cette région montagneuse jusqu'au Nord du Guangdong.Plus tardivement, il fut exporté vers Taiwan où il porte l’appellation de « thé de Formose ».
Les thés wulong de Taiwan sont de la même famille que ceux de Wuyi. Les théiers d’origine des thés Wen Shan (Bao Zhong) et Dong Ding proviennent de la montagne Wuyi (Fujian) et ont été apportés à Taiwan sous la dynastie Qing en 1769. Vers1860 , les Anglais apprécièrent la qualité du sol et les conditions climatiques de Taiwan. Ils firent donc venir des spécialistes des plantations du Fujian qui développèrent les cultures de thé, sans toutefois apporter de garantie des qualités. En 1869, ce thé fut présenté à une Exposition Universelle ou il rencontra un grand succès auprès des Occidentaux : Américains, Français, Anglais, …
C'est la raison pour laquelle ils servent souvent de référence à l'heure actuelle, lorsque l'on évoque ce type de thé.
Le thé jaune est déjà connu au
VIème siècle. A cette époque, c’est unevariété spéciale de théier qui
produit des bourgeons jaunes servant à fabriquer le thé jaune. Ce thé
fait partie des thés prestigieuxréservés à l’Empereur. Sous la dynastie
Tang, il est déjà célèbre dansla province de l’Anhui, district de
Huoshan. Mais c’est à partir de ladynastie Ming que son procédé de
fabrication est fixé. Sa particularitéen est le séchage à la vapeur. A
cette époque, on trouve la plus grandeproduction de ce type de thé sous
le nom de Huang Da Cha(« Grand Thé Jaune »), cultivé
dans la province montagneusede l’Anhui (Huoshan, Yuexi, Lu’an) et dans
la province du Hubei(district de Yingshan). Ce thé se caractérise par
sa feuille et sa tigeparticulièrement longues. Son infusion jaune
exhale un fort parfum de« riz grillé au fond de la
casserole ».
L’appellation
« thé jaune » est donnée aux deux types de thés
suivants :
Ces thés, déjà connus au cours de
la dynastie Song, sont peu répandus de nos jours. Ils sont produits
traditionnellement uniquement dans la province du Fujian. Depuis
quelques années seulement, on en produit aussi dans la province du
Zhejiang. Ces thés très délicats sont appelés par les Chinois
« thés rafraîchissants », car ils ont la propriété
d’abaisser la température du corps pendant les périodes de canicule ou
dans les cas de fièvre. Ils sont aussi particulièrement
désaltérants.
Pour le séchage,les feuilles sont étalées dans
un endroit aéré. Par la suite, elles peuvent quelquefois subir une très
légère fermentation. Les thés blancs les plus connus
sont : Bai Hao Yin Zhen (Aiguilles d’Argent) et Bai
Mu Dan (pivoine blanche)
Il existe encore d'autres variétés
moins connues et très difficiles à trouver de nos jours comme Xiao Bai
Cha, Xue Cha, Shui Xian Bai, …
Catégorie que les Occidentaux
appellent « thés noirs ». Ils ne correspondent pas au
goût chinois traditionnel. Leur production, assez récente, représente
un marché économique important, destiné à l’exportation vers les pays
occidentaux.
Les différentes variétés de ce type de thé sont
très appréciées pour leur caractère, la richesse de leurs arômes et
surtout pour leur infusion ronde et moelleuse . Dian Hong
(thés rouges du Yunnan), Qi Hong (thés rouges de Qimen – province de
Anhui), Aiguilles d’Or et Singe d’Or (du Fujiian) sont les qualités les
plus appréciées.
Ils proviennent du Sud de
la province du Yunnan, près d’une petite ville dont il porte le nom.
Les populations voisines du Tibet ont consommé ce thé depuis la
dynastie Tang. En effet, dans ces régions montagneuses la nourriture
étant très riche, ce thé était apprécié pour ses propriétés facilitant
la digestion et favorisant l’élimination des graisses alimentaires. On
dit de ce thé que ses propriétés augmentent en le conservant pendant de
nombreuses années.
Cette solide réputation est
restée toujours vivace de nos jours. Mais il faut savoir
qu’elle repose sur la fabrication la plus ancienne qu’il est très rare
de trouver de nos jours.. Il faut rester vigilant quant aux
diverses qualités produites. En effet, on fabrique
actuellement des productions au vieillissement accéléré.
Différent du thé rouge et du thé vert, ce thé est fabriqué à partir
de très larges feuilles et subit une fermentation spécifique
(double ou post-fermentation). Ce procédé de fabrication si
particulier appartient à la tradition d'une ethnie locale qui
l'a perpétuée jusqu'à l'époque
contemporaine.
L’infusion, d’un brun foncé,
développe un goût boisé et sucré à forte dominante de terre
humide.
On trouve les thés Pu’er sous deux
formes : en vrac ou bien compressés sous forme de
nids, de briques ou de galettes. Cette dernière forme est la
plus traditionnelle.
Il faut
distinguer deux types de thé Pu’er, très distincts par leur
fabrication :
La plupart
des productions actuelles proviennent de ce type de fabrication.
On peut aussi trouver des mélanges de thés de fabrications
différentes.
Expression chinoise courante faisant
référence à une recette de médecine traditionnelle soignant
entre autre les ennuis digestifs.
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